Technologies. Trouver de nouvelles avenues pour le financement des startups en Afrique.

Même si les jeunes pousses du continent africain ont récolté 2,02 milliards $US en 2019, soit 74% de plus qu’en 2018, selon le cabinet Partech Africa, le financement des start-ups sur le continent africain ne représente que 5% des capitaux injectés dans les jeunes pousses européennes et 1% de ceux dirigés vers les start-ups américaines.

Ces fonds restent concentrés dans les écosystèmes les plus matures du continent. Après la phase d’accélération qui structure leur entreprise, les entrepreneurs ont souvent besoin de capitaux neufs pour lancer leur produit sur le marché. Pistes de solutions.

Les champions africains des startups

Selon les chiffres de Partech Africa, le Nigéria a attiré un nombre record de 747 millions $US d’investissement tech VC (37% du total des investissements) mais est seulement à la 4ème place derrière l’Egypte en nombre de transactions. L’Egypte s’introduit dans le Top 3, à la fois en nombre de transactions (+147% sur un an) et en volume de transactions (+215%). Le paysage régional a été redessiné avec 85% du financement total (1,7 milliard $US) dirigé vers 4 pays : Nigéria, Kenya, Egypte et Afrique du Sud.

18 pays ont vu au moins une transaction en equity au-dessus de 200 000 $US cette année, contre 19 pays en 2018. Avec un total de financement de 294 millions $US (+53%) levé via 47 transactions (+24%), le reste du continent (i.e. en excluant les pays du Top 4) absorbe 15% du total du financement africain. En ce qui concerne l’Afrique francophone, le Sénégal confirme sa position de hub dominant avec 16 millions $US levés à travers 6 transactions.

On le voit, les startups sont donc aujourd’hui le symbole le plus évident de l’entreprenariat en Afrique. Et même si les infrastructures numériques et physiques ne se développent pas à la vitesse voulue et que les marchés sont soumis à une certaine volatilité, le potentiel est là. Ce qui fait que ces entreprises attirent des investisseurs en capital-risque, des fonds privés, des fonds de développement sociaux et des business-angels. Insuffisant cependant à l’heure actuelle en raison d’obstacles structurels. On parle surtout ici de procédures administratives complexes.

Répartition par secteur : la fintech au sommet

Tirée par la fintech, l’inclusion financière demeure le secteur d’investissement principal sur le continent, attirant 54,5% du total du financement. Cependant, les services aux consommateurs online et mobile ont vu une croissance rapide pour atteindre 29,3% du financement (contre 19,6% en 2018) alors que les solutions B2B et entreprise ne représentent cette année que 16,1% du total des transactions (contre 30,4% en 2018).

« La fintech est clairement en train d’exploser sur le continent avec de plus en plus d’acteurs digitaux permettant aux start-ups de servir le segment. C’est là une des raisons qui expliquent que les investisseurs en venture capital ont désormais un terrain de jeu plus grand que celui qu’avaient les investisseurs traditionnels du Private Equity auparavant. Nous voyons ces derniers se positionner dans la tech, à l’affût d’opportunités intéressantes », explique Tidjane Dème, General Partner de Partech Africa.

Investir beaucoup plus, mais ailleurs

Les sources de financement en grande croissance sont celles qui concernent les technologies et il est absolument nécessaire d’équilibrer l’écosystème startups/investissements. Certains experts suggèrent fortement de se diriger également vers des domaines moins investis que les fintechs, notamment l’e-commerce et l’énergie solaire, extrêmement porteurs.

On pourrait y reporter l’une des méthodes les plus conseillées qui est l’investissement par les multinationales car ces dernières auraient un avantage à travailler avec des entreprises locales qui développent des innovations que les multinationales n’auraient pas pu développer elles-mêmes. Le capital-risque a aussi besoin d’être mis de l’avant mais les opérateurs des fonds de pension, qui connaissent encore mal cette classe d’actifs en Afrique, ont besoin d’être parfaitement éclairés.

Enfin, les investissements « en secondaire » sont très peu opérés. L’opération consiste à racheter les aux investisseurs initiaux lorsque les fonds retrouvent leur mise et ont été multipliés.  Une belle opportunité pour les investisseurs en capital-risque qui y verraient « en espèces » l’occasion de bénéficier de valeur ajoutée garantie. L’ascendance de la croissance des incubations est rattachée à ces axes de développement.



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