COVID-19. La Banque mondiale délie les cordons de la bourse pour l’économie internationale.

Jusqu’à 160 milliards $US seront débloqués au cours des 15 prochains mois pour accélérer le rétablissement des pays, créer les conditions propices à la croissance, soutenir les petites et moyennes entreprises et protéger les populations les plus pauvres et vulnérables. L’Afrique est en première ligne des budgets alloués.

Il faut dire que dans l’ensemble, les institutions de Bretton Woods sont parties à l’assaut d’une pandémie qui a complètement chamboulé la planète. Sur le plan économique et financier, les ressources limitées des États a forcé à concocter des plans d’assistance d’urgence. En ce qui concerne précisément l’Afrique, non seulement « des mesures de confinement progressif ont été prises, mais un arsenal de mesures budgétaires et monétaires d’urgence a été déployé, avec bon nombre de banques centrales dans la région prenant des décisions importantes, en abaissant notamment les taux d’intérêt ou en injectant à un niveau inédit des liquidités dans l’économie », indique Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique.

Au début du mois, le Conseil des administrateurs de l’organisme a approuvé une première série d’opérations de soutien d’urgence en faveur des pays en développement, en activant un mécanisme d’aide accélérée dédié face à la pandémie du Covid-19. Ce premier groupe de projets d’un montant global de 1,9 milliard $US est destiné à accompagner 25 pays à travers le monde, tandis que de nouvelles opérations mises en place selon ces mêmes procédures de décaissement rapide sont en cours de préparation dans plus de 40 pays. Par ailleurs, dans l’ensemble des régions du monde, la Banque mondiale s’emploie à redéployer des ressources dans ses projets en cours, pour un montant global de 1,7 milliard $US, à travers des processus de restructuration, d’activation des composantes d’intervention d’urgence conditionnelle (CERC) et de déclenchement des dispositifs de financement à option de tirage différé en cas de catastrophe (CAT-DDO).

Ce programme économique plus large aura pour objectifs d’accélérer le rétablissement des pays, créer les conditions propices à la croissance, soutenir les petites et moyennes entreprises et protéger les populations les plus pauvres et vulnérables. Il s’attachera en priorité à la lutte contre la pauvreté, l’accent étant mis sur les financements à l’appui de réformes et sur la protection des ménages les plus démunis et de l’environnement.

Les pays africains ayant bénéficié des premières mesures sont les suivants : Burundi, Cap Vert, Congo (R.D.), Djibouti, Éthiopie, Ghana, Kenya, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Rwanda, Sao Tomé & Principe, Sénégal, Sierra Leone et Gambie.

Au-delà de cette assistance, les experts de la Banque mondiale insistent sur la nécessité d’apporter une réponse politique adaptée reflétant la structure des économies africaines (notamment la place importante du secteur informel) et les contraintes spécifiques auxquelles sont confrontés actuellement les responsables politiques, en particulier la réduction des marges de manœuvre budgétaires, les risques accrus de surendettement et le manque global de capacités opérationnelles pour répondre à la crise.



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