Infrastructures. L’Afrique a plus que jamais besoin de fonds d’investissement étrangers

Pour un développement industriel efficace et continu, l’accès à des infrastructures de qualité est essentiel. Les experts précisent que de bonnes infrastructures permettent un rapprochement efficace entre les producteurs des marchés et imposent une réduction des coûts de production et de distribution, un renforcement de la compétitivité et un apport important de nouveaux investissements.

Selon la Banque mondiale, l’Afrique devrait dépenser une bonne centaine de milliards de dollars pour moderniser ses infrastructures existantes. La plus grande partie de cet argent doit être consacrée à l’amélioration des services de base comme l’énergie, l’eau potable, l’assainissement et les transports.

Au-delà des investisseurs habituels que sont les institutions financières internationales comme la Banque africaine de développement, des entreprises du secteur privé financent également des projets rentables. Le Canada à travers ses fonds et son expertise, pourrait revenir en force sur le continent.

Les infrastructures africaines demeurent déficientes

De nombreuses opérations ont été initiées au cours des vingt dernières années pour accélérer la mise à niveau des infrastructures sur le continent africain. On se souviendra notamment de l’Agenda 5% du Nouveau partenariat économique pour le développement (NEPAD). Il s’agissait d’un appel aux investisseurs institutionnels à consacrer 5% de leurs fonds au développement d’infrastructures locales. Dans un rapport d’étape produit en 2017, la Banque mondiale révélait qu’entre 2004 et 2013, les États africains n’avaient conclu que 158 accords de financement de projets industriels ou d’infrastructures, à hauteur de 59 milliards $US, soit seulement 5% du montant retenu. Cette tendance s’est surtout maintenue en raison des estimations de faible rentabilité et de l’instabilité politique dans plusieurs régions d’Afrique. De même, l’un des Objectifs pour un développement durable des Nations unies (ODD) qui ciblait pour 2030 la mise sur pied effective d’infrastructures résilientes, n’avait vu que 10% de réalisation sur le continent africain en 2018.

Toutefois, cette tendance peut être renversée et l’engagement de certaines institutions financières comme la Banque africaine de développement, la Banque de développement de l’Afrique australe et la Banque de l’Afrique orientale et australe pour le commerce et le développement permet d’atténuer le déficit rampant. De très rares investissements public-privé se sont également engagés dans la course au développement des infrastructures en Afrique. Mais cela demeure insuffisant et pourtant, à y regarder de plus près, les fonds de pension du continent, qui détiennent ensemble des actifs sous gestion à hauteur de 300 milliards $US, sont l’une des industries qui pourrait ouvrir la voie dans ce domaine.

Les investisseurs ont besoin de garanties

À la Banque africaine de développement (BAfD), on estime que 130 à 170 milliards $US par an seraient nécessaires au développement des infrastructures du continent, avec un déficit de financement de l’ordre de 68 à 108 milliards $US. Les investisseurs institutionnels comme les compagnies d’assurance, les fonds de retraite et les fonds souverains possèdent, au niveau mondial, plus de 100 000 millions $US d’actifs en gestion, estiment les analystes de la BAfD. Il faudrait qu’une petite partie de l’excès d’épargne au niveau mondial, accompagnée de ressources à faible rendement, pour combler le déficit de financement de l’Afrique et pour financer des infrastructures productives et rentables, expliquent-ils. Pour séduire les investisseurs, les pays africains doivent, entre autres, développer une approche plus coordonnée et cohérente et réduire l’exposition de ces investisseurs aux risques. Des collaborations entre les secteurs privé et public sont une des possibilités.

La piste canadienne

Que ce soit en matière construction, de réseaux de transports ou de distribution, le Canada fait partie des leaders mondiaux. Plusieurs projets d’envergure ont connu l’apport d’entreprises canadiennes réputées dans la construction de ponts, de barrages hydro-électriques ou de réseaux de télécommunication. Après un désengagement conjoncturel progressif – 7,19 milliards $CAN en 2018 contre 7,3 milliards $CAN en 2017 – les investissements directs canadiens en Afrique se remettent en marche. Cela grâce à la volonté, pour les donneurs d’ordre africains, de miser sur l’expertise technique canadienne et l’importance du bassin financier d’investissements au Canada. Ce dernier a mis sur pied un certain nombre de mesures d’accompagnement à travers des programmes de coopération qui se rapprochent du continent africain et des organismes comme Afrique Expansion contribuent grandement à ce renouveau à travers le Forum Afrique Expansion.



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