La course au financement des infrastructures en Afrique

Priorité absolue des gouvernements et épine dorsale du boom économique en Afrique, les différents programmes de développement des infrastructures attirent de plus en plus l’attention des investisseurs. Dans cette foulée, la Banque Africaine de développement (BAfD) a mis sur pied Africa50, une plateforme d’investissement. Le mandat de cette dernière est de développer et d’investir dans des projets banquables, d’agir comme catalyseur de fonds publics et de mobiliser les capitaux privés tout en alliant rendements compétitifs et impact développemental.

Interrogée à cet effet par Club Africa, Tas Anvaripour, directrice du développement commercial à la BAfD, a livré les explications suivantes. « Le besoin de financement des infrastructures en Afrique est estimé à 95 milliards $US par an. À l’heure actuelle, dit-elle, moins de la moitié de ce montant est mobilisé, soit un manque annuel de 50 milliards $US. La majeure partie des 45 milliards $US investis chaque année est le fait de partenariats entre fonds publics et privés. Jusqu’à présent, les projets d’infrastructures en Afrique dépendaient fortement des budgets gouvernementaux et d’institutions financières de développement, avec seulement une participation marginale du secteur privé ».

Or, toutes les prévisions et analyses s’accordent pour dire que les rendements sur les investissements dans les infrastructures du continent (routes, ports, énergie ou encore télécommunications) sont extrêmement attractifs et prévisibles sur le long terme. Au cours de la dernière décennie, les projets menés à bon port ont généré des taux de rendement de 16 à 18 %. Ce qui fait que les infrastructures en Afrique deviennent très lucratives pour les investisseurs. Mme Anvaripour précise par ailleurs qu’à Africa50, cela s’apparente à un ‘’double objectif’’ : l’impact sur le développement combiné à des rendements commerciaux représente un modèle à long terme de transformation réelle et durable.

Compte tenu de la disponibilité en hausse des fonds disponibles, plusieurs opérateurs ont affiché un intérêt manifeste. Au Forum Afrique Expansion 2020, il sera question de ces fonds et des secteurs prioritaires d’attribution dont la grande majorité concerne des opérations de réhabilitation ou de rénovation d’infrastructures existantes, en plus de nouvelles infrastructures à sortir de terre.



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